« Sidérant » exode pontissalien

C’est le titre de l’article que L’Est républicain utilise, le 12 février 2015, pour rendre compte de la perte de population de Pontarlier de près de 7% en cinq ans. En réalité, si l’on se réfère à 2007, année où la ville compte la plus forte population, soit 18.939 habitants, la chute est de 9,5% avec 17.140 habitants au 1er janvier 2015. Ce sont donc près de 1.800 habitants qui ont disparu en huit ans !
Le directeur de la filière « géographie » à l’Université de Besançon, Alexandre Moine, indiquait dans le même numéro de L’Est républicain que la tendance générale pour les villes de la taille de Pontarlier était à la perte d’une partie de leur population. C’était l’importance du phénomène qu’il mettait en exergue : « Dans l’armature frontalière, disait-il, toutes les communes gagnent en population. Pontarlier est la seule ville de la bande frontalière à en perdre.»
Cette forte érosion ne sera compensée par le développement des autres communes de l’intercommunalité qu’à partir de 2016. De 26 887 habitants en 2007, elle perd 241 unités en 2015, pour retrouver un solde positif de 361 habitants en 2016. Une bonne partie des personnes qui ont quitté Pontarlier pendant cette période se sont éloignées au-delà de la Communauté de communes !

Quel type de population a quitté Pontarlier ?
Le nombre de ménages a augmenté d’une centaine d’unités entre 2007 et 2016, le nombre de personnes par ménage passant de 2,2 à 2. Ces données suggèrent que le nombre de logements aurait dû augmenter en proportion, et particulièrement des logements au nombre de pièces plus réduit. Or, si le nombre de logements a bien augmenté de 516 unités en 10 ans (2006 – 2016), cette progression a été absorbée par l’accroissement du nombre des résidences secondaires (+193 pour s’établir à 313) et des logements vacants (+227 pour atteindre 737). La mise à disposition de nouvelles résidences principales ne serait donc que de 96 en 10 ans !

Pour loger une population constante depuis 2007, soit 18 939 habitants, à raison de 2 personnes par ménage, il fallait donc mettre à disposition près de 930 nouvelles résidences principales, presque dix fois plus ! La politique du logement à Pontarlier s’est bornée à accompagner le déclin de la population.


Concernant la typologie des logements, seuls le nombre des 1 et 3 pièces a augmenté, respectivement de 78 (+19%) et 317 (+15%) unités. Les autres catégories sont en baisse, notamment les 2 et 4 pièces, de 103 (-7,5%) et 167 (-7%) unités.


Enfin, un regard sur l’évolution de la structure de la population par tranche d’âge doit nous permettre de mieux identifié les catégories d’habitants qui ont majoritairement quitté Pontarlier. De 2006 à 2016, seule la tranche d’âge des « 60 ans et plus » a augmenté pour atteindre 4 269 personnes(+68). Les autres tranches ont baissé, et notamment celle des « 0 à 14 ans » qui perd 12,41%, soit 424 unités, ainsi que les « 15 à 29 ans » qui décroît de 11,93%, soit 468 unités. Ces deux tranches d’âge représentent à elles seules près de la moitié de la perte totale. Nous pouvons fonder l’hypothèse que ce sont les jeunes ménages avec enfant(s) qui forment l’essentiel de « l’exode sidérant ».

Précision : les données utilisées sont celles fournies par l’INSEE qui ont généralement 3 ans de retard. Ainsi les chiffres fournis au 1er janvier 2019 sont ceux du 1er janvier 2016.

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